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Candidat "par devoir", Retailleau se lance dans la course à l'Elysée
information fournie par AFP 12/02/2026 à 21:00

Bruno Retailleau le 14 janvier 2025. ( AFP / Loic VENANCE )

Bruno Retailleau le 14 janvier 2025. ( AFP / Loic VENANCE )

Privé de lumière depuis sa sortie du gouvernement, Bruno Retailleau joue son va-tout: le président des Républicains a annoncé jeudi sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, avec l'espoir de prendre de vitesse ses concurrents.

"J'ai pris la décision d'être candidat à l'élection présidentielle": dès les premiers mots d'une courte allocution diffusée en direct sur les réseaux sociaux, le patron des Républicains a mis fin au suspense, éventé dans l'après-midi par un message adressé à ses parlementaires.

L'annonce était attendue depuis quelques jours. Le voici officiellement lancé dans la course à l'Elysée, à 65 ans, non "par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir", assure l'ex-ministre de l'Intérieur, convaincu que "seule l'élection présidentielle permet d'agir vraiment".

Fidèle à ses convictions, il a promis en cas de victoire de "soumettre directement par référendum plusieurs grands textes de loi", en particulier sur la justice pénale et l'immigration.

Qu'importe si la Constitution ne permet pas de consultations sur ces thèmes, M. Retailleau affirme qu'il "ne promettra rien qu'il ne pourra tenir", quitte à se dresser face "aux dérives de l'Etat de droit, qui s'est retourné contre le droit des Français à vivre en paix et en sécurité".

"Moi, je serai le défenseur de nos coutumes, de notre mode de vie, de notre culture, de notre civilisation", a-t-il également assuré un peu plus tard au journal télévisé (JT) de TF1 .

Un positionnement droitier, couplé à une déclaration précoce, à 14 mois de l'échéance, pour mieux couper l'herbe sous le pied de ses rivaux.

Car, à droite et au centre, les principaux prétendants supposés se réservent pour le printemps, à l'exception d'Edouard Philippe. Mais le patron de Horizons, candidat depuis septembre 2024, joue d'abord sa réélection à la mairie du Havre.

- Un calendrier précipité -

A un mois du premier tour des municipales, l'initiative de M. Retailleau est accueillie positivement par son successeur à la tête du groupe LR au Sénat, Mathieu Darnaud, qui y voit "l'occasion de peser par les idées dans le débat public".

Au contraire, une ministre en exercice juge "le timing hyper mauvais" et considère que son ancien collègue est "dans une logique très perso".

Dans son cercle rapproché, certains le pressaient de se dévoiler dès janvier, d'autres d'attendre le soir du 22 mars et de possibles conquêtes aux dépens de la gauche à Paris, Lyon ou Besançon.

Mais la déroute lors d'une législative partielle début février en Haute-Savoie face à l'UDR d'Eric Ciotti, allié du Rassemblement national, a sans doute précipité les choses.

Est-ce vraiment un hasard du calendrier? L'annonce survient au lendemain de la fin du procès en appel de Marine Le Pen, dont la décision sera annoncée le 7 juillet. Jusqu'à cette date, un doute subsistera sur l'identité du candidat du RN, même si la double finaliste de 2017 et 2022 comme son dauphin Jordan Bardella dominent largement les sondages à ce stade, avec plus de 30% d'intentions de vote.

Sans sortant étant donné que Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, l'élection aiguise de nombreuses ambitions. A gauche, le leader Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, ne fait pas mystère qu'il sera candidat, tandis que l'Ecologiste Marine Tondelier est sur la ligne de départ d'une primaire qu'elle espère organiser avec une partie de la gauche le 11 octobre.

- Un "acte d'autorité" -

Dans ce contexte, Bruno Retailleau traversait "un trou d'air" depuis son départ de Beauvau en octobre, comme le reconnaît l'un de ses proches. Sa cote a fondu de moitié en quelques mois, de 16% au printemps à 8% en fin d'année.

"Il a beaucoup perdu mais n'est pas revenu au point de départ", avant son passage au ministère de l'Intérieur, se rassure son entourage. Cependant, selon une enquête Ifop pour TF1, LCI et Le Figaro publiée jeudi après-midi, seuls 31% des Français considèrent qu'il a l'étoffe d'un président.

Désormais seul aux commandes des Républicains, il fait "l'acte d'autorité" souhaité par un autre proche, partisan du "fait accompli" pour imposer cette candidature à un parti fortement divisé.

En interne, les rivalités s'exacerbent entre candidats potentiels à l'Elysée: Xavier Bertrand est déjà en lice, tandis que Michel Barnier se pose en rassembleur de la droite et du centre et que David Lisnard menace de se présenter directement s'il n'y a pas de primaire.

En embuscade, le patron des députés, Laurent Wauquiez, plaide pour une primaire allant du macroniste Gérald Darmanin à Sarah Knafo, du parti d'extrême droite Reconquête.

Pour les départager, Bruno Retailleau avait confié à un groupe de travail le soin de définir le mode de désignation du candidat de LR. Ses conclusions étaient attendues d'ici la fin du mois mais le patron a pris les devants.

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3 commentaires

  • 21:42

    15 mois avant. Ça va être long


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